Un groupe de chercheuses des Universités de Grenade et de Jaén ont étudié les causes psychologiques et physiologiques du «stress alimentaire», en tant que pulsion irrésistible de consommation d’un type déterminé d’aliments (pâtisserie, chocolat, glaces, fruits secs, etc.). Les résultats de plusieurs études, menées à bien par les professeurs Mme. Silvia Moreno Domínguez (Université de Jaén), Mme Sonia Rodríguez-Ruiz (Université de Grenade) et Mme Mª Carmen Fernández-Santaella (Université de Grenade), ont été repris dans le livre intitulé «Qu’est-ce que le stress alimentaire ?», récemment publié chez les éditions Pirámide.
Les auteurs signalent que si le sujet répond affirmativement à des questions comme «Vous sentez-vous coupable quand vous mangez beaucoup? Ressentez-vous un grand désir de manger quand vous ne savez que faire, quand vous êtes fâché, stressé ou triste? Quand vous commencez à manger quelque chose qui vous plaît beaucoup, avez-vous de vrais problèmes pour cesser de manger?», et qu’il considère que cela lui arrive trop fréquemment, il est possible qu’il soit victime d’un stress alimentaire.
Dans le livre «Qu’est-ce que le stress alimentaire ?», les chercheuses essaient d’approfondir les causes psychologiques et physiologiques de ce phénomène, à partir d’une série d’études réalisées à l’Université de Grenade avec différents groupes de population (personnes saines, personnes présentant des risques de troubles dans l’alimentation, et personnes atteintes de boulimie nerveuse). Les résultats obtenus démontrent que lorsque les personnes se défendent elles-mêmes de consommer certains aliments, pensant qu’ils peuvent les faire grossir, le stress alimentaire apparaît comme reflet du conflit entre «pouvoir» et «ne pas vouloir» manger.
Attention aux « gavages »
Les auteurs de ce livre ont commenté que «le stress alimentaire peut se déclarer non seulement à cause de la restriction alimentaire ou de la pratique d’un régime, mais aussi dû aux émotions négatives, qui peuvent mener à une surconsommation d’aliments en un court espace de temps, avec sensation de perte de contrôle : c’est ce que nous appelons gavage». Il est donc possible d’affirmer que la restriction alimentaire et les états d’âme négatifs (par exemple, l’anxiété, la tristesse, la frustration, le stress…) vont très souvent «associés à un type d’alimentation que l’on pourrait dénommer émotionnelle ou pathologique».
Le livre expose de façon simple et rigoureuse l’origine de l’expression «stress alimentaire», ainsi que ses caractéristiques fondamentales. On y fait également un large parcours des différentes théories explicatives du stress alimentaire, en y analysant le rôle négatif des régimes restrictifs dans ce domaine, et y décrivant les méthodes dont on dispose actuellement pour évaluer le phénomène.
Les auteurs ont de même abordé les populations les plus touchées par le stress alimentaire, spécialement les sujets déprimés, les obèses et ceux atteints d’anorexie ou de boulimie nerveuse. Les chercheuses affirment également avoir analysé l’expérience de l’avidité pour le chocolat, considérée par quelques-uns comme une conduite addictive.
En ce sens, il s’agit «d’un livre qui recueille les connaissances existantes actuellement, aussi bien au niveau clinique qu’expérimental, sur une des expériences les plus communes dans la population en général : le stress alimentaire».
Référence :
Mª Carmen Fernández-Santaella Santiago.
Département de Personnalité, Évaluation et Traitement Psychologique.
Telf: 958 24 37 53.
Courriel: mcfersan@ugr.es